transpiration-dr-goursac-fille

LES TRAITEMENTS DE L’HYPERHYDROSE

Peut-être faites-vous partie des personnes qui souffrent de transpiration excessive ou vous en connaissez certainement dans votre entourage. Pour celles qui en sont atteintes, c’est un vrai calvaire ! Ce n’est pas vraiment une maladie, on n’en parle pas à son médecin et pourtant cette sueur trop abondante et incontrôlable gâche la vie. Les vêtements sont choisis en fonction des couleurs où le halo ne se verra etc…Dans un bureau où travaillent plusieurs personnes, celle, homme ou femme, qui transpire trop est très mal vue car ce qui est très gênant avec la sueur, c’est qu’elle sent ! Rappelez-vous cette publicité pour un déodorant : « a vue de nez, il est cinq heures » ! Bizarrement l’odeur de la sueur est particulièrement forte chez les personnes rousses et que dire d’une poignée de main moite !

Pourquoi transpire-ton ?

La transpiration est utile : elle sert à maintenir la température corporelle aux environs de 37° lorsque la température ambiante s’élève ou lorsque l’on a de la fièvre.

Nous possédons deux à quatre millions de glandes sudoripares réparties sur tout le corps, notamment au niveau des aisselles, de la paume des mains, de la plante des pieds, du front et du cuir chevelu. La transpiration fonctionne comme un thermostat : selon les besoins, l’organisme actionne un nombre plus ou moins grand de glandes sudoripares pour que la sueur évacue les calories thermiques superflues. Dans des conditions de stress thermique extrêmes, il est possible d’évacuer jusqu’à 10 litres de sueur par jour !

La plupart des hyperhydroses sont idiopathiques, c’est-à dire apparemment sans cause physiologique. Précisons aussi que la sueur, en elle-même, est inodore, c’est  au contact de l’air et du fait de la macération et de la pullulation bactérienne, que l’odeur se fait sentir.

Au niveau des aisselles, la sécrétion de sueur peut dépasser 50ml / minute, ce qui entraîne un véritable ruissellement tout le long du thorax.

Nous ne devons donc pas négliger ces patients qui souffrent véritablement de cette situation, il faut leur répondre lorsqu’ils nous demandent  s’ils sont malades, si cette transpiration excessive est due à un dérèglement hormonal ou à un excès de stress, par exemple. Et surtout, il faut leur proposer des solutions adaptées à leur problème particulier. Quelles sont-elles ?

Bien sûr, il y a d’abord les déodorants qui contiennent des agents antibactériens et des parfums pour masquer l’odeur,  les antitranspirants ou antiperspirants, généralement à base de chlorure d’aluminium qui obstruent les pores des glandes sudoripares et font donc une barrière à l’écoulement de la sueur. Lorsqu’ils sont fortement dosés, ils sont efficaces mais risquent aussi d’être irritants. De plus, ils ont été accusés, il y a une dizaine d’années d’être un facteur de risque de cancer du sein. Beaucoup de femmes prudentes les ont donc abandonnés.

Autre solution : l’ionophorèse. Elle ne peut traiter que l’hyperhydrose de la paume des mains et de la plante des pieds. Cette technique consiste à tremper les mains  ou les pieds dans un bac contenant de l’eau dans laquelle le praticien fait passer un courant électrique de faible intensité. Il se produit alors un bouchon corné et une atrophie de la glande sudoripare. Pour que ce traitement soit efficace, il faut  faire deux séances de 20 minutes par semaine pendant deux mois puis une séance d’entretien toutes les trois semaines. Un inconvénient toutefois, le patient  ressent parfois  des sensations de brûlures cutanées. Ce traitement peut être fait à domicile, à condition d’acheter l’appareil.

En cas d’échec, que faire ? Il n’existe malheureusement pas de médicament par voie orale efficace contre l’hypersudation. On pourrait penser aux anticholinergiques qui s’opposent à l’activation nerveuse des glandes sudoripares  mais ils ont beaucoup d’effets secondaires : bouche sèche, yeux secs, rétention urinaire, constipation etc.

Autre solution plus radicale : la chirurgie. C’est une technique  plus lourde consistant à couper ou clamper (pour être réversible) les nerfs commandant les glandes sudorales  d’une zone choisie. Inconvénient majeur : cet acte entraîne généralement une hypersudation compensatrice dans les zones voisines. De plus,  l‘hypersudation axillaire n’est pas une bonne indication pour cette technique.

C’est pourquoi  la meilleure solution que nous pouvons proposer aujourd’hui contre  l‘hyperhydrose, c’est la toxine botulique. C’est le traitement médical de référence dans cette indication car en 2003 la toxine botulique a obtenu des autorités sanitaires une AMM (autorisation de mise sur le marché) dans « l’hyperhydrose axillaire sévère ayant résisté aux traitements locaux et entraînant un retentissement psychologique et social important ». Le consentement éclairé du patient est indispensable.

Comment se déroule la séance ?

En cas de transpiration excessive au niveau des aisselles, par exemple, le praticien commence par appliquer une crème anesthésiante sur la zone à traiter, puis, il injecte de petites doses de toxine botulique dans le derme, au niveau des glandes sudorales, donc  très superficiellement, tous les un à deux centimètres. En général une quinzaine d’injections dans chaque aisselle suffisent. Les résultats sont visibles quelques jours plus tard et sont à leur maximum d’efficacité quinze jours après la séance. Cette efficacité dure en moyenne 6 à 8 mois. Si la transpiration réapparaît de façon excessive, il est possible de refaire des injections de toxine botulique en espaçant les séances selon les besoins.

Nous avons aujourd’hui un recul suffisant pour juger de l’efficacité de cette technique : déjà en 2003 une étude portant sur des hyperhydroses graves (sécrétion minimum de 50g de sueur en 5 minutes par chaque aisselle) a montré une réelle efficacité  sur 96 % de bons répondeurs ; ceux-ci étant définis comme ayant une diminution de plus de 50 % de leur production de sueur, au repos et à température ambiante.

Le traitement de l’hyperhydrose par injection de toxine botulique est donc actuellement la solution la plus efficace que l’on puisse proposer  à nos patients, hommes ou femmes (excepté pour celles qui souffrent de sueurs nocturnes dues à la ménopause  qui, en l’absence de contre-indications, sont soulagées par un traitement hormonal substitutf). C’est une solution efficace pour toutes ces personnes affectées par ce handicap, de plus en plus mal perçu dans notre société aseptisée et artificiellement parfumée.

Docteur Catherine de Goursac

www.esthetiquemedicale.com